mercredi 27 juillet 2016

ENFIN UN PREMIER PAS

Ne plus publier de photos des terroristes, telle est l'intelligente décision de quelques (encore trop rares) medias :




Puisque le texte contenu dans le lien finira par disparaître, je cite l'article : 

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Des médias français décident de ne plus publier de photos des auteurs d'attentats pour ne pas mettre sur un même pied victimes et terroristes

Des médias français comme la chaîne d’info BFMTV, les quotidiens Le Monde et La Croix ont décidé de ne plus publier de photos des auteurs d’attentats «pour éviter d’éventuels effets de glorification posthume» ou «ne pas mettre au même niveau victimes et terroristes».

«A la suite de l’attentat de Nice, nous ne publierons plus de photographies des auteurs de tueries, pour éviter d’éventuels effets de glorification posthume», écrit le directeur du Monde, Jérôme Fenoglio, dans un éditorial mercredi. «Nous nous sommes rendu compte après l’attentat de Nice que nous étions très mal à l’aise avec une série de photos, issue du passé des auteurs», a-t-il expliqué à l’AFP.
«Il ne faut pas cacher les faits, ou le parcours de ces tueurs, c’est pourquoi nous ne sommes pas favorables à leur anonymat, mais leurs photos ne sont pas utiles pour décrire leur parcours», poursuit-il.
«Nous avons pris la décision hier soir de ne plus diffuser des photos de terroristes à l’antenne, jusqu’à nouvel ordre. La réflexion était engagée dans la rédaction depuis un certain temps. Elle s’est accélérée après Nice, avec la répétition de ces tragédies», a annoncé à l’AFP Hervé Béroud, le directeur de la rédaction de BFMTV. «La photo a une portée symbolique et emblématique, surtout sur une chaîne d’information en continu avec de nombreux journaux et donc des diffusions répétées. La photo peut mettre au même niveau victimes et terroristes
La chaîne continuera toutefois de diffuser le nom des auteurs d’attentat. «Cet élément a été donné en direct par le procureur (de la République de Paris, François) Molins. Toute la difficulté de ce débat est de prendre garde aussi de ne pas renoncer à informer», explique-t-il.

« Pas tenable »
«On ne publiera que le prénom et l’initiale du nom et pas de photo», a annoncé à l’AFP François Ernenwein, rédacteur en chef au quotidien catholique La Croix, qui doit produire un texte de réflexion sur ses choix «afin de les argumenter devant nos lecteurs». Sur Twitter, la radio Europe 1 a également annoncé qu’elle «ne citerait plus les noms des terroristes à l’antenne».
Ce point de vue n’est pas partagé par le quotidien de gauche Libération. Selon le directeur adjoint du quotidien, Johan Hufnagel, anonymiser les terroristes n’est pas une position tenable. «imaginez un papier avec les frères SA et BA, AA, FAM», a-t-il dit à l’AFP, ajoutant toutefois que «le débat sur l’utilisation de la photo dans le journal et sur le site de Libération est une discussion permanente depuis l’existence du journal». «Publier les photos de terroristes et les glorifier, ce n’est pas la même chose. Dabiq (revue de l’EI) glorifie», a-t-il ajouté.

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J'ai titré "ENFIN UN PREMIER PAS" (dans une lutte efficace contre la sauvagerie) parce que :

1) Avant de parler de leur lien avec Daech, on a souvent considéré les prédateurs sauvages comme de simples cinglés "solitaires". Avant de se rendre compte qu'il y avait entre eux certains liens. Toute légende, ou première impression, contenant un fond de vérité, considérons qu'il y a une part de vérité dans cette qualification de "loups solitaires" (encore que ce ne soit pas flatteur pour les loups, mais c'est un autre débat).

Les tueurs qui ont frappé en France, en Belgique, en Allemagne,..., ou auparavant en Norvège ont en effet un côté solitaire. Avec mal de vivre, problèmes avec la société. La plupart si pas tous déjà délinquants et "bien connus de la justice"-ce qui est un comble, car que font en liberté des individus "suivis (?) pour leur dangerosité ? Encore un autre débat : celui de la justice, ou plutôt du comportement aberrant, pour ne pas dire criminel, de nos palais d'injustice.

Daech, pour des raisons qu'on pourrait éventuellement comprendre, dit avoir déclaré la guerre aux pays qui bombardent en Syrie. Mais, on pourrait dire habilement, ils ont déclaré une guerre qu'ils disent "sainte". Une charia. Pour participer, suffit de tuer des "infidèles" n'importe où et par n'importe quel moyen. Avec ce système simpliste (plus fort encore que notre vieux système D), facile de recruter n'importe où les paumés, ceux qui se croient, ou qui veulent se croire, damnés de la terre.

Que sont ces "soldats" dont on s'étonne parfois de la radicalisation rapide ?
Simplement des psychopathes dangereux parce qu'en plus suicidaires : leur vie ne leur semble plus valoir la peine d'être vécue, ils préfèrent la mort, ils aiment la mort.
 Mais :
a) Ils n'ont pas envie de mourir tout seuls anonymement ;
b) Ils veulent laisser une trace. Ils veulent donc qu'on parle d'eux. Tant qu'on parle d'eux, c'est comme s'ils vivaient encore un peu. C'est leur façon de vivre dans la mort qu'ils se sont mis à aimer...

2) Ceci posé, on comprendra qu'en faisant leur pub post mortem, on continuera de leur dérouler un tapis rouge. Ils pensent avoir raté leur vie (soit parce que révoltés contre la société, genre anars, soit pour raisons existentielles, le vocable "existentiel" signifiant ici qui n'existe pas dans le réel).
Mais au-moins, ils vont réussir leur mort, puisqu'il y aura les photos dans les journaux.

L'illusoire paradis d'Allah avec ses 70 gonzesses, je ne pense pas qu'ils y croient plus que moi. Mais avec beaucoup de photos dans beaucoup de medias, il y aura bien 70 et même plus petites connes à se pâmer devant leur air angélique...
Je suppose que vous avez remarqué comme moi que ces photos de tueurs sont la plupart du temps choisies comme pour des starlettes, avec pose, sourire et tout.

Voilà pourquoi ne plus publier leurs photos me paraît la meilleure initiative qu'on ait prise depuis maintenant des années. Mais il faut accepter d'aller encore plus loin, n'en déplaise à la pesante bien pensance.

3) Des solutions.

Daech recrute nos paumés via internet. Envisageons une coopération avec Anonymus pour bloquer les messages internet de Daech.
J'entends hurler les imbéciles qui ne disent pourtant rien de nos alliances malsaines avec Turquie, Arabie ou Qatar.

Pas de photo, c'est déjà pas mal. Si en plus il n'y avait pas de nom ni prénom ni initiale, ce serait parfait. Car  dans ces conditions, les cinglés qui recherchent une "gloire" post mortem qu'ils savent ne jamais pouvoir gagner de leur vivant n'auraient plus, du moins j'espère, aucune motivation.

Pas de photo, pas de nom...Et la liberté d'informer ?, vont gueuler les inconscients.
Petite remarque : que le prédateur s'appelle Ali, Benoît, Thor ou XYZ, qu'est-ce que ça peut nous faire ?
"Nous sommes en guerre", disait encore Hollande récemment. Guerre = loi martiale. Donc l'ennemi actuel n'a plus de nom. On le lui retire. Il s'appellera prédateur anonyme. Pour l'éternité.

Evidemment, y'a des risques de dérapages (multiplication bizarre des anonymes)...
Mais ce sont les risques à courir pour tenter de sauver des vies.

S'il en est encore temps



En guise de conclusion

Pour conclure, un mot, comme une bouteille à la mer, aux révoltés, aux désespérés

Il y a plusieurs causes qui peuvent mener à la révolte ou au désespoir. Un mot d’abord aux personnes monoparentales qui, affrontant soudain des conditions invivables, choisissent de mourir avec enfant(s) mort(s) aussi.
1     -  La trop courte vie du ou des enfants ne lui(leur) aura presque rien permis de découvrir puis éventuellement d’apprécier.
  -   Quelle que soit la profondeur du mal être, l’abysse de la précarité, la violence du choc dans ce mur noir, il doit exister quelque part une main prête à se tendre (ne fut-ce que pour aider à diverses démarches administratives). A vous de découvrir cette main avant l’irréparable.
 
Voyons maintenant les  désespérés prêts à mourir à cause d’une société qui ne leur convient plus. Je précise d’abord que beaucoup de gens sont d’accord avec le fait que beaucoup de choses doivent changer, et même impérativement, dans notre société. Dans nos sociétés.

Un premier « détail », détail de l’Histoire comme fut dit un jour :

 un seul  minable  % de la population mondiale détient 50 % des richesses de notre planète en dérive. Pendant que 50 % de cette population mondiale devrait survivre mais meurt lentement en ne disposant que d’un % de cette même richesse mondiale.
Voilà la principale si pas la seule inéquation abjecte qu’il faut réguler d’urgence.

Qui va se lever pour réguler l’inéquation de l’abjection ? Les malheureux 50 % d’humains qui meurent de faim en ce  XXIème siècle, à cette époque où il y a du fric pour les bombes, les atomes ou le massacre de l’environnement au nom du pèze ? Ou les 49 % de « classes moyennes » que nous sommes encore  à survivre entre deux eaux, avec 49 % des ressources planétaires ?

 Attention : l’objectif des intouchables du clan 1 %, c’est de pousser  de plus en plus de monde dans la misère des 50 % actuels qui augmentent un peu tous les jours à cause de robotisation etc…

Je crois qu’actuellement, les désespérés révoltés, ou révoltés désespérés, se partagent encore en trois groupes : tendance extrême gauche, tendance extrême droite ou tendance anar, çàd ni l’un ni l’autre.


Extrême gauche
Vous êtes du style CCC et vous voulez exploser le supermarché du coin, à cause de la saleté de société de consommation. Attention : vous êtes devenu terroriste, on ne parlera pas de vous, vous finirez dans la poubelle des prédateurs anonymes. Si vous voulez devenir un héros, attaquez-vous plutôt à l’un des « maîtres du monde » évoqués dans le 1 % de possédants. Qui sont-ils ? Deux pistes : Empires financiers. Je dis bien Empire, pas agence bancaire locale du coin. Ou « Nouvel ordre mondial »…Alors, vous serez (peut-être) un héros, et vous aurez votre photo dans les journaux…

Extrême droite
Vous voulez surtout massacrer de « l’étranger » ? Allez donc vous frotter à Daech sur place, en Syrie. Ou chez ses complices. Au lieu de prédateur anonyme, vous serez un héros. Avec photos etc…

Simplement  anar
Vous en avez marre, et vous voulez entraîner d’autres personnes. (dans la mort).  Préparez plutôt un suicide solitaire mais spectaculaire. Par exemple vous jeter du haut du Mont Blanc ou quelque chose comme ça. En ayant pris soin de convoquer presse à sensation et téléréalité pour le moment suprême. Au lieu d’un anonyme, vous serez une grande star, avec photos etc…


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Sur un peu le même thème que ce qui précède, cette très intéressante mise au point du journaliste Jean-Claude Guillebaud :
 (de nouveau, comme ce que contient le lien finira par s’effacer, ci-dessous copie de l’article)

Lutte contre Daech : cessons de tricher


Le Mal a toujours un coup d’avance. Inspiré de Charles Péguy, cet aphorisme s’applique de façon troublante à l’effroyable tuerie de Nice. Et plus généralement à notre posture face au (supposé) terrorisme. Il ne suffit pas de prendre la pose et de « dénoncer » l’islamisme. Il faut faire attention à ne pas tricher. Cela nous ramène, paradoxalement, à Hillary Clinton. Pourquoi ? Bien sûr, nous souhaitons ardemment la victoire de cette dernière contre l’imprévisible – et dangereux – Donald Trump. Mais pas au prix d’une entourloupe. Qu’est-ce à dire ?

Petit rappel : la vraie matrice idéologique du djihadisme mondial, c’est l’islam dans sa version wahhabite, c’est-à-dire l’Arabie saoudite. Jusqu’alors, on fermait assez lâchement les yeux. Après le massacre du 12 juin à Orlando, Hillary Clinton avait enfin osé évoquer le rôle ambigu de ce royaume, pourvoyeur de fonds destinés aux tueurs djihadistes. « Il est plus que temps, avait-elle dit, que les Saoudiens, les ­Qataris, les Koweïtiens et d’autres empêchent leurs ressortissants de financer des organisations extrémistes. » Enfin, avait-on pensé, les ­Américains – qui n’ont plus besoin du pétrole arabo-persique – ont le courage d’en finir avec leur complaisance pour les monarchies du Golfe. Hélas, d’autres informations ont immédiatement recadré cette prétendue audace. Elles tiennent en peu de mots : la Fondation Clinton, qui soutient, indirectement, la campagne d’Hillary, est largement financée par… l’Arabie saoudite. La confirmation est venue du prince saoudien lui-même, Mohammed ben Salman al-Saoud (vice-prince héritier). Il a déclaré que l’Arabie saoudite avait versé à ladite fondation « plus de 20% » du coût de la campagne de Madame Clinton. Et cela, « bien qu’il s’agisse d’une femme » (sic). On imagine le parti que les terroristes pourront tirer d’un tel double jeu de l’Occident qu’ils jugent « décadent ».

Gardons-nous pourtant de donner des leçons aux Américains. Nous-mêmes, Français, sommes-nous très clairs dans nos rapports intéressés avec les bédouins multimilliardaires d’Arabie saoudite ? Ce sont nos « nouveaux » amis. Ils achètent nos armes, nos missiles et nos navires de guerre. Alors, nous aussi, nous fermons les yeux. Pour complaire aux Saoudiens, le 4 mars, notre Président a même décoré de la Légion d’honneur le prince héritier Mohammed ben Nayef al-Saoud. L’opposition de droite, soucieuse elle aussi de favoriser nos industries d’armement, n’aurait sans doute pas agi différemment. Et alors ? Réfléchissons d’abord à notre propre responsabilité de citoyen. Avons-nous protesté assez fort contre cette priorité indécente accordée aux gros sous ? Pas sûr. Gardons en mémoire la remarque sans appel du juge Marc Trévidic, ancien responsable du pôle antiterroriste de Paris, après les attentats du Bataclan : « Proclamer qu’on lutte contre l’islam radical tout en serrant la main au roi d’Arabie saoudite revient à dire que nous luttons contre le nazisme tout en invitant Hitler à notre table. »

Certes, les Saoud ne sont pas tout à fait Hitler. N’empêche ! Leurs bombardements aveugles des chiites au Yémen sont d’une rare sauvagerie. Au fait, pourquoi parle-t-on si peu de cette guerre que mènent nos « amis » ?
 
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lundi 13 juin 2016

ABC d'une agonie







Apocalypse : on dit que ses quatre cavaliers
ont rallié les rangs de Daech

Bérézina : nous tentons encore de passer la Bérézina
habilement grâce à un pont
mais voilà le pont qui s'effondre
peut-être à cause du poids de la surpopulation ?

Climat : il y a surchauffe

jeudi 21 avril 2016

ROLAND, OLIVIER, ETC...








A la tête de leur vingtième de cavalerie,
Le capitaine Roland et son lieutenant Olivier
Patrouillaient gaillardement

Un soir,
Bivouaquant gaiement
Ils ont entonné sur un air connu :

"Le Ganelon,
Viens nous servir à boire..."

Mais Ganelon
Qu'on prétendit ensuite félon
Leur a servi
Deux grands verres de cigüe
Et c'est ainsi que sont morts
Deux héros de cette époque

Félon, Ganelon ?
Il paraît que s'il a agi ainsi
C'est parce qu'il avait horreur d'être traité
Comme un larbin

Moralité de l'histoire :
Il faut souvent se méfier
Des plus larbins que soi
(des autres aussi d'ailleurs...)

dimanche 3 avril 2016

IMPOSSIBLE







Légionnaire de l'impossible
Jusqu'aux noirs rochers de la désespérance
Tu marcheras effacer ta barque

Hébété de tant mourir
Tu souriras en croisant les bras
Et puis un dernier rictus
Un bruit de chaînes qui se brisent
Un hoquet sur la table du destin

Rappelle-toi un soir
On trichait aux dés
Comme on avait déjà triché
A la vie à la mort

dimanche 31 janvier 2016

AU BOUT DE LA NUIT...DANA !












Nuit d’hiver pas très froide. Nous sommes pendant la période d’alignement des planètes, et je n’arrive pas à m’endormir. Peut-être que le poids des planètes toutes du même côté pèse aussi sur les estomacs ?

Je me lève, traverse le couloir et entre dans mon bureau. J’allume l’ordinateur et continue mes recherches sur la déesse celtique Dana. Pour l’écrivain ufologue mais ancien de la Nasa  Maurice Chatelain, Dana est l’une de nos ancêtres cosmiques et serait venue sur Terre…depuis quelque part dans la constellation Cassiopée, que l’auteur a rebaptisée « Cour de Dana ». Soit un voyage  d’une vingtaine d’années-lumière ! Le genre de croisière que je n’arrive pas à concevoir. Néanmoins, mon ami Léonce Demarez,  qui m’avait parlé de l’énigmatique Chatelain, restait persuadé que même ce qu’on ne peut imaginer au niveau de nos connaissances actuelles reste possible. Hélas trop vite disparu, Léonce, qu’on appelait le Druide d’Aubechies, avait créé l’Archeosite, reconstitution fidèle de maisons néolithiques, mégalithes, maisons  gauloises, villa et temple romains, sans oublier musées, espaces naturels,…Parmi ses espaces naturels, un grand étang planté d'une petite île où l'on peut accéder en barque. Une île de mystère dont je ne peux rien révéler.
Léonce est parti. En octobre 2006. Dix ans déjà. Parti  peut-être vers la cour de Dana, peut-être nulle part. Et je reste seul à ne pas comprendre.

Je relis mes notes quand tout à coup un message apparaît sur l’écran de l’ordinateur. Curieux qu’un message apparaisse quand on consulte simplement ses documents et quelques fichiers Wikipedia. Je pense d’abord que ce message doit provenir d’un troll commercial, voire d’un hacker. Mais ce message m’interpelle, puisqu’il est signé…Dana ! (Evidemment, il suffirait qu’un hacker ait vu que je consultais des dossiers consacrés à Dana pour usurper l’identité de la déesse afin de me fourguer l’un ou l’autre virus).
Le message, très bref, dit simplement ceci :

« Bonsoir Gérard,
Comme je vois que tu es en état d’insomnie, je t’invite à venir me voir, afin de t’expliquer ce long voyage qui t’intrigue. Si tu veux bien monter jusqu’ici, réponds-moi  que tu arrives, imprime (je transforme ton imprimante en 3 D) la clef en pièce jointe, descends dans ton jardin, entre les deux sapins, actionne la clef comme pour ouvrir une voiture, et le véhicule que tu devras utiliser se matérialisera.
J’espère que tu accepteras mon invitation un peu originale
Amicalement,
Dana « 

J’hésite…Si je clique sur la PJ et que c’est un hacker, je chope un virus. Mais un hacker quelconque ne saurait pas qu’il y a deux sapins dans mon jardin… Il se passe quelque chose. Donc, je clique sur la PJ, j’imprime…et un truc en bakélite sort de mon imprimante, c’est une sorte de clef, mais sans morceau métallique, il n’y a que le capuchon noir avec un bouton au milieu sans doute pour ouvrir. Le message est toujours sur l’écran, avec la fonction « Répondre » ! Je réponds : « J’ai la clef, et je descends dans cinq minutes, chère Dana. En espérant faire vraiment ta connaissance… ».

Je me rhabille en vitesse, je descends au jardin, en laissant un petit mot bien visible sur la table de cuisine à l’intention de Michèle, ma femme qui dort sans se douter qu’il se passe ici d’étranges événements : « Insomnie. Parti balader un peu. » (Fort laconique, mais impossible d’entrer dans les détails, puisque je suis dans le flou absolu.)

Etrange…Une déesse celtique qui m’invite par ordinateur, qui fait jaillir une clef de style très moderne de mon imprimante. Je me demande si je ne rêve pas un peu. Nerval disait, dans Aurelia, que le rêve est une seconde vie. Et ses rêves lui permettaient de voyager dans son corps astral. Dans son « Sixième sommeil », Bernard Werber a souligné aussi le mystère et l’importance des rêves. Rêves que l’on peut apprendre à orienter, à maîtriser. Peut-être Dana a-t-elle maîtrisé mes rêves, peut-être que c’est mon corps astral qui est ici dans le jardin ?

Je suis entre les deux sapins, et il ne se passe rien. J’appuie sur la clef, au cas où…Voilà qu’une sorte de petite bille un peu lumineuse sort du sol, se déplie d’abord en longueur, puis  prend une forme sphérique, et beaucoup de place avec son diamètre de 6 ou 7 mètres. Je touche ce qui avait l’air d’une baudruche. La sphère est devenue rigide, solide. Une porte s’ouvre devant un aménagement intérieur conçu pour installer une trentaine  de personnes. A droite  de la porte de cet engin  qui ressemble à une grande cabine de  bathyscaphe, un petit écran TV  s’allume. Une belle jeune femme apparaît…et commence à me parler :

-Je me présente, je suis Dana. Très heureuse de te voir, et je t’invite à venir terminer la soirée, si l’on peut dire, sur ma petite planète Cérès. Le transporteur, dont je t’expliquerai plus tard la nature, t’y amènera malgré la distance en 6 minutes.
 Je sais que tu ne prends plus jamais l’avion et que tu n’aimes pas non plus les ascenseurs, mais j’espère que tu continueras à me faire confiance, et que tu ne seras pas allergique à mon transporteur.

J’hésite un peu à monter là dedans. Propulsé en six minutes à environ 500 millions de kilomètres, qu’elle dit. Et enfermé dans ce truc…

Elle voit que j’hésite, elle insiste :
-Mon transporteur est du même tonneau que « Le livre du voyage » de Werber : ce n’est qu’un objet, mais qui te permettra le plus extraordinaire des voyages. Tu n’as souffert ni de claustrophobie, ni d’aucune autre angoisse quand tu étais dans ton livre du voyage. Pas de vertige non plus quand ton esprit s’est mis à flotter bien haut…Plus haut que l'aigle plane, comme écrivait si joliment Apollinaire.


Voilà qui me décide. Je suis d'ailleurs déjà trop loin pour reculer, donc, il ne reste qu’à avancer. J’entre dans l’appareil en disant :
-J’arrive, Dana.

-Installe- toi sur le siège à gauche près de la porte, à côté de la fermeture et de l’écran tactile. Une fois installé, tu fermeras la porte en appuyant sur l’interrupteur noir. Quand l’écran tactile s’allumera, tu écriras mon nom, « Dana », et le transporteur te déposeras chez moi dans six minutes. Accélération en rotation gauche, transport quantique instantané, décélération en rotation droite.
Je m’installe, j’appuie sur l’interrupteur.

La porte se ferme. Avec le bruit du couvercle d’un cercueil…J’écris « Dana » sur l’écran. Un bourdonnement et on dirait que le »pôle nord » de mon transporteur se tord indépendamment du reste de la sphère. On ne voit pas le « pôle sud », caché par un plancher, mais ce plancher vibrera un peu quand mon "pôle Nord" aura retrouvé son calme. Le tout  délicatement, même pas impressionnant. Puis un petit sifflement au lieu du discret bourdonnement, enfin un bruit comparable à l’ouverture des portes d’un train.
 Et, de fait, la porte de mon transporteur s’ouvre.


Souriante, Dana m'attendait à la sortie de mon transporteur. Elle m'accueille chaleureusement. Comme je l'avais déjà remarqué dans la video, elle est très belle, et aussi plutôt jeune pour une déesse ! Quand j'ai décollé de la Terre, pour un voyage de six minutes, il était environ une heure 30 du matin. Sur Cérès, il fait jour. Je vois un beau soleil, il faut chaud et l'air est respirable. Les paysages que j'aperçois sont boisés et...en bord de mer. Dana m'invite chez elle : sa maison est curieusement hémisphérique, on dirait un igloo géant, avec des portes également hémisphériques et des fenêtres rondes. Elle me sert du thé au myosotis(au myosotis...pour que je ne l'oublie jamais ? Il n'y avait pas de danger !), avec des feuilles de vigne farcies aux orties.
Pendant que nous dégustons et sirotons, elle" commence par me raconter sa vie.

Ses ancêtres vivaient sur la planète Antagora, qui tourne autour de l'étoile double dans la constellation de Cassiopée. (Cassiopée, comme avait écrit Chatelain). Leur civilisation était très avancée : ils avaient le nucléaire avec ses déchets ingérables, les gaz à effet de serre qui ont provoqué des tsunamis ayant balayé des centrales atomiques, et aussi bien d'autres choses. Deux blocs antagonistes qui faisaient occasionnellement péter une bombe (effet secondaire : un bref hiver nucléaire pour faire semblant de lutter contre le réchauffement climatique). Heureusement, ils avaient aussi des scientifiques de haut niveau. Quand ceux-ci se sont rendus compte que leur Planète allait mourir, ils ont décider d'aller voir ailleurs. Pour voguer très loin, ils avaient trouvé la méthode quantique : une particule quantique a la propriété de se situer à deux endroits en même temps, elle a ainsi la faculté de pratiquer le déplacement instantané. Nos savants ont donc capturé une particule, l'ont agrandie (agrandisseur en 3 D), puis l'ont photocopiée (photocopieuse 3 D), et ils étaient prêts pour le grand voyage. Cette particule agrandie, c'est le transporteur que je viens d'utiliser. Ils disposaient de sept transporteurs, ils sont partis à un peu plus de 200 avec quelques bagages et leur premier voyage les a amenés (fantaisie quantique obligeant) à proximité de notre Terre il y a 50 000 ans. Par la suite, ils ont peaufiné leurs transporteurs, de manière à les diriger où bon leur semblait : il a suffi de faire appel à l'énergie noire bien présente, mais encore mystérieuse pour nous, dans notre Univers.

Dana me montre des videos de la planète de ses ancêtres, planète toujours morte 50 000 ans après les cataclysmes. Des ossuaires à ciel ouvert, où ne rampent que d'étranges sortes de limaces et où végètent des champignons monstrueux que je n'aurais jamais imaginés.

Les ancêtres de Dana ont voulu apporter un peu de leur "civilisation" aux humains qui habitaient alors sur Terre. Ils furent les dieux descendus du ciel venus féconder les mortelles...Et de nouvelles civilisations ont démarré relativement vite. Quand la grande aventure a été lancée, les "dieux" sont partis s'établir sur l'un des satellites de Mars, d'où ils pouvaient continuer à surveiller leur oeuvre. Avec des véhicules spatiaux bien plus impressionnants que leurs transporteurs, lesquels étaient invisibles sauf au décollage et à l'atterrissage.

Leurs savants ont réussi à créer (organismes génétiquement modifiés...) treize personnes immortelles il y a 12 000 ans. Attention : ces Immortels ne vieillissaient pas, donc ne mouraient pas tout seuls, mais pouvaient être assassinés ou se suicider. Ce fut l'avènement des Dieux. Zeus-Thor, Dana-Héra, et d'autres, dont le sinistre Moloch Baal, qui a quasiment massacré tout le monde. Reste-t-il quelques descendants des savants de la première heure ? Dana ne sait pas. Le vieux Trinôme qui a vaillamment avec elle combattu Moloche Baal est-il toujours vivant ? Pas de nouvelle depuis très longtemps...Restent au moins Moloch Baal et Dana. Un Moloch Baal dont Dana se protège efficacement grâce à une armée de robots. Et nous en sommes au statu quo. Moloch Baal veut détruire, Dana voudrait sauver la Terre, qu'elle ne veut pas voir finir comme Antagora. Ou comme l'Atlantide dont elle me résume la brève histoire : un laboratoire des savants et des dieux, détruit par la folie des hommes de l'époque, folie entretenue par Moloch Baal.
Sauver la Terre...vaste chantier, à cause de ce qui se passe dans notre monde en perdition , et aussi à cause des malversations de Moloch Baal toujours présent.

Elle me demande alors de simplement raconter notre entrevue, en invitant les gens à (re)lire "L'homme qui plantait des arbres", de Jean Giono. Elle insiste aussi sur l'importance de la trilogie de Werber "Troisième humanité", et sur la colonisation de la Lune par la papesse Emma. Car, en attendant les bienfaits des arbres, Dana acceptera de transporter des gens autre part. Elle souligne le fait que ce qui est petit, Lune, satellites de Mars ou Jupiter, astéroïdes,..., est plus facilement  aménageable que ce qui est plus grand (comme Mars, dont on parle tant) : dix ans ont suffi à ses robots pour rendre Cérès viable. Energie solaire grâce à la grande montagne Ahuna, l'eau se remet alors à couler, il suffit ensuite de l'oxygéner avec les plantes ad hoc et le tour est joué. Le monde végétal, savamment géré, apporte oxygène, nourriture et énergie. Que demander de plus ?

Dana me charge d' inviter chez elle des scientifiques pour lancer le plan de sauvetage de la Planète qui fut bleue et qui a viré au gris maussade. Des scientifiques, aussi des créatifs (artistes,...), mais elle ne veut nul oligarque. Elle me suggère de contacter d'abord un prof du CNRS que je connais (mais dont je ne peux révéler le nom) afin qu'il contribue à sélectionner l'équipe qui aura la lourde tâche de sauver l'humanité.

Elle sait que je ne verrai sans doute pas les bienfaits des arbres que je vais inviter à faire renaître.
Mais elle m'en console en me disant que l'essentiel est de participer. Et que la mort n'est pas plus éternelle que la vie, grâce à la mémoire de nos électrons...

Immortelle sauf attentat ou suicide, Dana ne veut pas mourir maintenant. Mais elle ne veut pas non plus vivre sans nous. Tout en sachant que dans 4 à 5 milliards d'années, avec l'explosion de notre Soleil, elle est sans doute condamnée à mort, comme nos électrons et leur mémoire. Dana nous invite à bien vivre notre vie d'abord, notre immortalité ensuite,...même si celle-ci aura aussi une fin. Nos armes seront nos arbres. Et s'il faut d'autres armes pour les défendre contre l'oligarchie qui étouffe notre pauvre monde, Dana nous les fournira. Parce que quand nous nous occuperons de nos arbres, on oubliera les bombes et les marchands de canon devront fermer leurs sinistres usines.

Elle va aussi me proposer un pseudonyme, puisque je dois impérativement me cacher de l'oligarchie mortifère : désormais, je m'appelle donc Ge Rho Nemo. Ge parce que ce sont mes initiales.  Rho, parce que c'est la 17ème lettre de l'alphabet grec, et que 17 est un nombre premier dont la somme des chiffres vaut huit, 8 étant le symbole de l'infini remis debout...(Tu me fais beaucoup d'honneur avec ton infini, Dana). Et Nemo, sans doute parce que je suis devenu personne. Mais il vaut mieux être (une) personne pour Dana qu'une chose dans des mains oligarches...

Vient alors l'heure de nous quitter. On s'embrasse, en se promettant de se revoir bientôt. Et de lancer notre projet...Dana me raccompagne à mon transporteur. Il me reste à redescendre sur Terre.

De retour ici-bas après un transportement sans histoire, je vois que le jour est en train de se lever sur mon jardin et alentours. Le jardin n'a pas changé. Les alentours sans doute pas non plus : au loin, une grue est toujours à la même place. Le transporteur, mon transporteur, se replie et retourne s'enfouir sous la terre.

Je me rends compte que je vais avoir du boulot. Ce qui me fait un peu peur. Ma respiration s'accélère, donc ma tension va encore monter. Faudra que mon médecin accepte d'augmenter un peu ma dose de Lisinopril. Je lui dirai que c'est pour la cause de Dana, et il ne pourra pas refuser